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UNE APPROCHE TRADITIONNELLE

Shiatsu et énergétique traditionnelle chinoise

Une compréhension globale du vivant, de ses rythmes et de ses transformations.

Certaines formes de shiatsu, notamment le Kōhō Shiatsu, s’appuient sur les principes de l’énergétique traditionnelle chinoise. Celle-ci propose une compréhension du vivant fondée sur le Tao, le Yin et le Yang, le Qi, les méridiens et la théorie des cinq éléments.

Ces notions forment un même ensemble : le Tao en offre le cadre, le Yin et le Yang en expriment les polarités, le Qi en représente la dynamique, les méridiens en dessinent les trajets et les cinq mouvements décrivent les grandes phases de transformation.

LE PRINCIPE FONDAMENTAL

Le Tao : la voie

Dans la pensée chinoise, le Tao - ou Dao - signifie littéralement « la voie » ou « le chemin ». Il désigne le principe fondamental qui engendre, unit et fait fonctionner l’Univers.

Le Tao est à la fois l’origine commune de toute chose, l’ordre naturel qui relie les êtres et les phénomènes, et le mouvement par lequel tout apparaît, se transforme puis s’achève. Il se manifeste dans l’alternance du jour et de la nuit, dans le rythme des saisons, dans la naissance, la croissance, le déclin et le renouvellement.

Rien n’est immobile ni isolé. Chaque transformation s’inscrit dans un ensemble plus vaste : la graine devient arbre, l’arbre produit de nouvelles graines ; la nuit succède au jour et prépare le matin suivant. Les formes changent, mais chaque étape reste reliée à celle qui la précède et à celle qu’elle rend possible.

L’être humain fait partie de ce Tout. Il est traversé par les mêmes rythmes et évolue en relation constante avec son environnement, son activité, son repos, son alimentation, ses émotions, les saisons et les événements de son existence. Il reste cependant maître de ses décisions et de ses actions.

S’harmoniser avec le Tao ne signifie donc pas rester immobile, mais reconnaître le mouvement naturel des choses et trouver sa juste place à l’intérieur de ce mouvement.

Taijitu représentant le Yin et le Yang
Dans le taijitu, chaque partie contient une part de l’autre.

DEUX EXPRESSIONS DU TAO

Le Yin et le Yang

Le Yin et le Yang représentent les deux grandes expressions du mouvement du Tao.

Le Yin est associé à la nuit, à l’obscurité, au froid, au repos, au ralentissement et à l’intériorité. Le Yang est associé au jour, à la lumière, à la chaleur, à l’activité, au mouvement et à l’extériorité.

Le Yin et le Yang sont opposés, complémentaires et condition de l’existence de l’autre.

Ils ne correspondent ni au bien et au mal ni à deux catégories immuables. Une chose n’est jamais Yin ou Yang de manière absolue : elle l’est toujours par comparaison avec une autre et selon le contexte. Le jour est Yang par rapport à la nuit, mais la lumière du matin est plus Yin que celle de midi.

Lorsque le Yin croît, le Yang diminue ; lorsque le Yang atteint son apogée, le Yin recommence à apparaître. Leur alternance crée les cycles et les transformations du vivant. L’équilibre ne représente donc pas un état fixe, mais un mouvement permanent de régulation.

SOUFFLE ET CIRCULATION

Le Qi et les méridiens

Le Qi représente le mouvement vivant ; les méridiens en dessinent les chemins.

Le Qi

Le Qi - appelé Ki en japonais - est souvent traduit par « énergie ». Son sens est cependant plus vaste : il évoque aussi le souffle, la vitalité, l’activité et le processus de transformation.

Dans le modèle traditionnel, le Qi sert à penser ce qui anime, relie et transforme les fonctions du vivant. Il peut se rassembler ou se disperser, monter ou descendre, entrer ou sortir, circuler librement ou rencontrer une entrave.

Il ne s’agit donc pas seulement d’avoir « beaucoup » ou « peu » d’énergie. Sa qualité, sa direction, son rythme et sa circulation comptent tout autant.

Les méridiens

L’énergétique chinoise décrit un réseau de trajets appelés jingluo, généralement traduits par « méridiens et ramifications ». Le Qi y circule en reliant la surface et la profondeur, différentes régions du corps et de grands ensembles de fonctions.

Chaque méridien est associé à certaines fonctions et entretient des relations avec les autres. Les points qui le jalonnent permettent d’agir avec précision sur cette circulation.

Les méridiens forment une cartographie traditionnelle : ils ne se confondent pas avec les nerfs, les vaisseaux ou les chaînes musculaires. Ils servent de support à l’acupuncture et, sous une forme manuelle, à certaines écoles de shiatsu.

DE L’ÉNERGÉTIQUE AU SHIATSU

Des méridiens sous les doigts

Dans le Kōhō Shiatsu que je pratique, cette cartographie guide le choix des méridiens et de points précis stimulés principalement avec les pouces : c’est de l’acupuncture avec les doigts, sans aiguille. Les pressions, les mobilisations et les étirements donnent ainsi une traduction manuelle à ces principes énergétiques.

Les cinq mouvements complètent cette compréhension du vivant. La page suivante leur est entièrement consacrée.