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DES GESTES ANCIENS, UN NOM MODERNE

Le shiatsu : une histoire japonaise, plusieurs transmissions

Le shiatsu ne naît pas en un jour ni entre les mains d’un seul maître. Il se construit au Japon à partir de pratiques manuelles plus anciennes, puis se formalise au XXe siècle avant de se diffuser à travers différentes écoles.

Pratique du shiatsu par pressions des doigts et des paumes

AVANT LE MOT « SHIATSU »

Des pratiques manuelles en pleine évolution

À la fin du XIXe siècle, plusieurs techniques manuelles coexistent au Japon. L’anma, l’ampuku - travail traditionnel du ventre - et d’autres formes de toucher transmises en Asie rencontrent progressivement l’anatomie, la physiologie et certaines méthodes venues d’Occident.

Au début du XXe siècle, des praticiens cherchent à mieux définir les méthodes fondées sur la pression et à les distinguer des techniques utilisant davantage le pétrissage, les frictions ou les percussions.

Le nom lui-même va à l’essentiel : shi signifie « doigt » et atsu, « pression ». Deux mots simples pour désigner un geste qui demande pourtant précision, écoute et adaptation.

LES JALONS AU JAPON

Du nom d’une méthode à une profession encadrée

Quelques dates permettent de comprendre comment le shiatsu s’est individualisé, enseigné puis inscrit dans le cadre professionnel japonais.

  1. DÉBUT DU XXe SIÈCLE - 1939

    Tenpeki Tamai formalise le terme

    Le mot shiatsu commence à circuler au cours de la période Taishō. En 1939, Tenpeki Tamai publie un ouvrage intitulé Shiatsu Ryōhō, « thérapie par pression des doigts ». Certains récits retiennent 1919 parce que l’auteur y évoque vingt années de pratique ; la publication conservée par la Bibliothèque nationale de la Diète du Japon est bien datée de 1939.

  2. 1940

    Tokujiro Namikoshi fonde son école

    Déjà praticien, Tokujiro Namikoshi crée à Tokyo le Nihon Shiatsu Gakuin, futur Japan Shiatsu College. Son enseignement donne une place importante à l’anatomie, à la physiologie et à la répétition précise des pressions.

  3. 1947 - 1957

    Le cadre professionnel se structure

    La loi japonaise n° 217 de 1947 encadre les professions manuelles concernées. L’école Namikoshi obtient un premier agrément en 1955, puis la reconnaissance du ministère japonais de la Santé en 1957.

  4. 1964

    Le mot « shiatsu » entre explicitement dans la loi

    Une réforme renomme la qualification d’anma-shi en « praticien d’anma, massage et shiatsu ». Le shiatsu est ainsi nommé dans le titre professionnel national, aux côtés de l’anma et du massage.

UNE HISTOIRE QUI DEVIENT PLURIELLE

Pourquoi existe-t-il plusieurs styles de shiatsu ?

À mesure que la pratique se transmet, les enseignants la font évoluer selon leur expérience, leurs recherches et les repères qu’ils privilégient. Ces styles ne sont pas des pratiques concurrentes : ils racontent des lignées et des accents différents.

ANATOMIE ET STRUCTURATION

Le courant Namikoshi

Il s’appuie fortement sur l’anatomie et la physiologie, avec un enseignement structuré des zones, des points et des modalités de pression. Il joue un rôle central dans la reconnaissance professionnelle du shiatsu au Japon.

MÉRIDIENS ET ÉCOUTE GLOBALE

Le courant Masunaga

Shizuto Masunaga, psychologue formé au shiatsu Namikoshi, développe une lecture élargie des méridiens et une qualité de contact continue. Son approche participe largement à la diffusion du shiatsu en Europe.

ÉNERGÉTIQUE ET PRÉCISION

Le Kōhō Shiatsu

Formalisé par Ryūhō Okuyama, il s’appuie sur l’énergétique traditionnelle chinoise, les méridiens et des points précis. Son rythme peut être dynamique tandis que son effet se révèle profondément sédatif.

D’autres écoles et spécialisations ont continué d’enrichir cette histoire. Elles peuvent intégrer le travail musculaire, la biomécanique, le Hara, le mouvement, la pratique sur chaise ou d’autres modalités de pression. Un nom d’école indique une filiation ; il ne suffit jamais, à lui seul, à décrire toute la pratique d’un professionnel.

LE SHIATSU AU JAPON AUJOURD’HUI

Le même mot, un cadre juridique très différent

Une qualification nationale

Au Japon, l’exercice professionnel relève de la qualification nationale d’« anma, massage et shiatsu ». Il nécessite une formation reconnue et la réussite à un examen national.

Une situation qui ne se transpose pas

Ce statut japonais ne donne pas automatiquement le même titre ni les mêmes prérogatives dans un autre pays. En France, le shiatsu n’est pas une profession de santé réglementée.

L’ÉTAPE EUROPÉENNE

1997 : une mention importante, pas une reconnaissance générale

Le 29 mai 1997, le Parlement européen adopte une résolution issue du rapport A4-0075/97 sur le statut des médecines non conventionnelles. Le shiatsu y figure parmi les huit disciplines explicitement citées. Le texte demande notamment qu’elles soient clairement identifiées et étudiées du point de vue de leur sécurité, de leur efficacité, de la formation et de leur encadrement.

CE QUE CE TEXTE APPORTE

Il fait entrer le shiatsu dans un débat institutionnel européen et reconnaît l’intérêt d’étudier sérieusement ces pratiques. En France, cette mention est souvent résumée par la formule « technique non conventionnelle digne d’intérêt ».

CE QU’IL NE CRÉE PAS

Il n’instaure ni diplôme européen, ni profession réglementée commune, ni reconnaissance médicale automatique. Chaque État conserve son propre cadre juridique.

EN FRANCE

Une certification professionnelle, pas un diplôme de santé

Le titre « Spécialiste en shiatsu »

L’arrêté du 17 juillet 2015 a enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles le titre de niveau III « Spécialiste en shiatsu », porté par le Syndicat professionnel de shiatsu, pour une durée de cinq ans.

Cette inscription reconnaissait des compétences professionnelles ; elle ne transformait pas le shiatsu en profession de santé réglementée. J’ai obtenu ce titre en 2018, pendant sa période d’enregistrement. Il reste attaché à mon parcours et à ma qualification.

Spécialiste en shiatsu - titre professionnel RNCP

Le travail du SPS aujourd’hui

Le Syndicat des professionnels de shiatsu poursuit le travail de professionnalisation, de déontologie, d’encadrement de la formation et de reconnaissance du métier auprès des institutions.

Être membre du SPS, c’est pour moi inscrire ma pratique dans un cadre clair : formation exigeante, limites explicites, respect de la personne et complémentarité avec le suivi médical lorsqu’il est nécessaire.

MA PLACE DANS CETTE HISTOIRE

Une base transmise, une pratique qui continue d’évoluer

J’ai été formée pendant quatre années à l’école Icho, à Biot, auprès de Marc Grimaud. Ma base est le Kōhō Shiatsu ; elle s’est enrichie du Kuretake Shiatsu, du travail du Hara, de la biomécanique articulaire, du sport-santé et du sokuatsu.

Je ne juxtapose pas des protocoles. Ces transmissions m’offrent davantage d’outils pour observer, choisir l’appui juste et adapter chaque séance à la personne présente ce jour-là.

Voir comment cette histoire prend corps dans ma pratique

Kōhō, Kuretake, Hara, shiatsu et sokuatsu : découvrez les techniques et les appuis que j’utilise aujourd’hui.

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